
afp.com/PIERRE ANDRIEU
C’était un matin de confinement, début 2020, Victoria Hislop reçoit chez elle, à Londres, un coup de fil du Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis. « J’ai tout de suite reconnu sa voix, atypique, avec une pointe d’accent américain, nous raconte la romancière britannique, attablée à la cafétéria du musée des arts cycladiques d’Athènes. Il me dit qu’il veut me faire citoyenne d’honneur de Grèce pour services rendus au pays et notamment pour avoir promu l’histoire et les traditions de la Grèce à l’étranger. J’étais éberluée, et flattée. Deux mois après le confinement, j’ai été reçue en grande pompe à Athènes par le Premier ministre et la présidente de la République Ekateríni Sakellaropoúlou, une femme formidable. »
Dans la foulée, Victoria Hislop acquiert un passeport grec. Très pratique pour faciliter ses allers et retours entre l’Angleterre et sa seconde patrie, notamment en Crète, où elle a acheté une belle maison. Tout cela, elle nous en fait part en français, perfectionné grâce au compagnon français de sa mère. Décidément, la diplômée d’Oxford Victoria Hislop, qui parle également grec, véritable star dans son pays comme en Grèce, n’est pas une Britannique comme les autres… Et là voilà à la tête de son 9e roman, La Statuette, publié quasi simultanément à Londres et à Paris et bientôt à Athènes. Un roman-fleuve, où elle mêle la grande et la petite histoire, le politique et l’intime, fractures sociales et fresques familiales – c’est sa marque de fabrique – sur fond de dictature des colonels et de trafic d’œuvres d’art antiques.